Rencontre au fond du jardin

Je l’ai trouvé au cœur de la haie. Quatre pattes, deux yeux, deux oreilles. Beaucoup plus rose qu’un hérisson. De petits poils drus à la place des épines. Un groin en guise de museau.


J’ai été surprise, j’en ai lâché mes ciseaux ! Lui, griffant la terre pour y plonger avec délice ses naseaux boueux, il m’a à peine remarquée.


La femme faisait face à la bête. La bête faisait face au sol. Le sol faisait face au ciel et délivrait ses trésors au petit fureteur.

Grognements de plaisir, fracas de feuilles mortes, jappements embourbés. J’hésitais à déranger une si belle mélodie. Ma voix, pourtant, a résonné et le petit animal s’est figé.


Lorsque ma main s’est approchée, le museau est venu la renifler.

Lorsque mes doigts ont effleuré la peau et sa fourrure rêche, la queue s’est mise à frétiller.


Oublié la haie, les oiseaux, la terre et son banquet. Fini le chant du festin et le claquement des outils. Evanoui le hérisson rêvé. Il n’y avait plus que mes yeux émerveillés et les siens, curieux. Quatre pupilles et deux âmes s’apprivoisant sous une pluie fine d’automne.

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