Mon truc à moi, ce sont les escaliers
- 2 juin
- 2 min de lecture
Quel est le point commun entre votre cave, les conseils de votre médecin, un chef-d‘oeuvre néerlandais et le donjon de vos rêves chevaleresques? Les escaliers. Les escaliers qui s’enfoncent dans un sous-sol sombre où se tapissent mille terreurs. Les volées de marches en bois qui parsèment vos randonnées en forêt. Les cages aux murs en béton qui résonnent au coeur des immeubles, trop souvent délaissées pour lesascenseurs.
Les escaliers peuvent être majestueux lorsqu’ils s’étalent sur le parvis des palais. Ou menaçants lorsque, étroits et grinçants, ils s’enfoncent dans l’obscurité d’une grange désaffectée. Parfois carrément agaçants, à en croire les livreurs qui rechignent à monter dans les étages. De mon point de vue, cette omniprésence est un bonheur simple et sans fin.
Car oui, je dois vous avouer que je nourris une passion étrange pour les escaliers. Rien que de penser au rythme régulier de mes pas sur les marches à la lente progression vers le sommet, à la coordination nécessaire des genoux et des poumons, mon coeurs’emballe!
j'ai failli accepter un emploi pour une question d'escalier
Est-ce dû à la fabrique d’escaliers qui se dresse à quelques kilomètres de chez moi et qui, du fond de mes souvenirs d’enfance, fait naître des envies d’explorations architecturales? Marches isolées ou fragments de constructions, marches à l’envers, ne menant à rien, inutilisables ou emballées dans leur coffrage en bois… Ces blocs de pierre et de béton sont entrés dans la cartographie de mon territoire. Tout comme l’escalier penchant et branlant qui m’accueille chaque jour au pied de chez moi, que j’observe dévaler le terrain instable d’année en année, comme on regarde un vieux parent décliner, partagé entre amour et résignation devant la fin inéluctable.
Lorsque je décide, le temps d’une escapade, de louer un logement dans une ville étrangère, c’est toujours la photo des escaliers qui dirige mon choix. Plus que la localisation, l’électroménager ou le prix, je choisis des appartements en duplex ou des chalets de montagne pour le seul plaisir de monter et descendre plusieurs fois par jour des marches nouvelles.
un peu de magie
Un jour, j’ai carrément failli accepter un emploi pour une question d’escalier. Le cahier des charges était banal à souhait, le salaire tout sauf mirobolant et les perspectives d’avenir inexistantes. Mais, quand mon guide m’a fait gravir un interminable escalier en colimaçon pour me conduire au bureau du directeur, j’en ai eu le souffle coupé et toutes les peines du monde à ne pas signer pour le simple bonheur de faire entrer cette volée de marches dans mon quotidien.
Les passions, même étranges, n’ont pas besoin d’explications. Elles existent et mettent de la magie dans nos quotidiens. Vous pouvez être sûrs que si j’avais quelques décennies de plus, je siffloterais Stairway to Heaven en boucle avec une ferveur de véritable croyante.






















Commentaires