L'univers n'a ni coeur, ni oreilles
- 24 mars
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L’univers et vous, ces derniers temps, vous êtes un peu en froid. Il vousa fait un sale coup qui vous reste encore en travers de lagorge alors vous avez décidé de lui dire zut. Puisque c’est comme ça, qu’il ne compte plus sur vous. Fini les sourires courageux offerts aux matins froids, les ondes positives consciencieusement projetées à tort et à travers, l’optimisme de bon aloi. Il n’y a aucune raison que ce soient toujours les mêmes qui s’y collent.
Ce qui n’aide pas, c’est que vous pouvez bien pester et bouder, l’univers, ça lui passe au-dessus. Preuve en est que, malgré votre révolte, le temps ne s’est pas arrêté, l’apocalypse n’a pas eu lieu, aucune entité supérieure ne vous a présenté d’excuse ni offert un lot de consolation. Seul votre ego, solidement enraciné, vous empêche de perdre pied devant l’évidence qui s’impose : l’univers se fiche de vous comme de son premier neutron. C’est blessant. C’est vexant. Ce n’est pas juste. Mais les faits sont les faits; dans la balance du grand tout, vous ne pesez pas plus lourd qu’un courant d’air.
Tsunami d'égoïsme
Seul face à ce pénible constat, vous vous dites que, foutu pour foutu, pourquoi ne pas emboîter le pas à ce nihilisme tout-puissant? L’individualisme absolu est peut-être la seule voie valable à suivre. Faire ce qui vous plaît, vous débarrasser de cette empathie encombrante, raser villes et montagnes pour tracer votre autoroute rien qu’à vous. Les dégâts collatéraux seront du ressort des victimes qui n’auront pas su se prémunir. Vous ne serez responsable de rien si ce n’est de votre propre vie.
Sauf que ce tsunami d’égoïsme, ça risque de faire des ravages. De raser les cabanons dressés sur la plage où il fait bon prendre l’apéro en admirant le coucher du soleil. D’emporter les enfants qui ont osé aller nager sans manchons. De chasser des rivages les oiseaux et les libellules qui ne demandaient rien d’autre qu’un endroit paisible où écouter le ressac de l’océan. Et tout ce petit peuple, qui fait la richesse de vos rives et nourrit vos intérieurs, serait anéanti. Pas sûr que vous y gagniez tant queça.
Pardonner à un ennemi qui n’a aucune idéede ce qu’il fait, ce n’est pas facile
A nouveau, l’évidence s’impose: n’y a pas d’autre solution qu’admettre la défaite. L’univers et vous, vous ne jouez pas sur le même terrain. Vous ne parlez pas le même langage. S’il ne vous entend pas, ce n’est pas par calcul, mais parce qu’il n’en est pas capable. Se représenter le cosmos avec des oreilles et un cœur, avouez que ça ne colle pas. L’image du vieux barbu sur son nuage, ça vous a d’ailleurs toujours laissé dubitatif, si ce n’est carrément sceptique.
Pardonner à un ennemi qui n’a aucune idée de ce qu’il fait, ce n’est pas facile. Parce qu’il n’y aura jamais de justice, ni réparation, ni la moindre reconnaissance du tort qui vous a été fait. Il y aura juste vous et votre petite vie face à une puissance indifférente. Et cette question qui peine à trouver une réponse: est-il possible de faire la paix de manière unilatérale?




















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