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I comme instable

Elle s’était rêvée guerrière, en fuite devant un tyrannosaure à la gueule béante. Elle s’était réveillée trentenaire aux yeux cernés. Avec l’aide d’un peu de caféine, elle avait revêtu son costume d’employée de bureau. Au rythme des roues de son vélo, sa veste flottant dans le vent lui avait soufflé une ritournelle parlant de voyage au long court. Les mains occupées à tenir le guidon, elle n’avait pu se boucher les oreilles et devrait maintenant se trainer cet air entêtant tout en tentant de se concentrer sur un travail sans grand intérêt.

Pire qu’une lune n’ayant plus aucun respect pour son cycle, Archie avait pour seule constance l’inconstance. Tout n’était que terre glaise dans les mains joyeuses de ses pensées. Pensées nourries à grosses cuillères de romans, de films, d’attente, d’injonction et de confusion. Son prénom même, pourtant coulé quelque part dans la chape de béton de l’administration fédérale, n’hésitait pas à s’inventer des vies parallèles. Archie depuis quelques mois. Elisabeth dans son adolescence. Mat’ du temps de ses études. Une infinité de femmes réunies en une seule. Des identités perchées sur un corps comme une girouette sur un clocher abritant des hordes de pigeons.


***


Elle avait rencontré Thomas un mardi matin. C’était au printemps, sur un banc du parc MontJoli. Evidemment, ce jour-là, Archie ne jurait que par le vert. Celui de l’herbe vigoureuse, des feuilles fraîches et de l’eau endormie de l’étang. Thomas lui avait demandé, bêtement, histoire de causer, quelle était sa couleur préférée. Elle avait presque crié :

- Vert !

Impressionné de cette passion, celui devenu rapidement son amant lui offrait désormais tout et n’importe quoi dans les teintes allant du turquoise à l’émeraude. Une vraie débauche de verdure, aussi envahissante que la forêt vierge. Cependant, le printemps avait immanquablement cédé sa place. Archie s’était prise d’affection pour le bleu du ciel. Puis pour l’ocre des feuilles mortes. En février, elle avait totalement redécoré son intérieur dans un style immaculé. Si Thomas lui avait alors demandé sa couleur préférée, elle aurait affirmé :

- Blanc !

Un choix aussi inébranlable que le vert précédent et éclipsant le passé comme le futur. Blanc. Rien de plus, rien de moins. C’est pourquoi Archie, les épaules couvertes d’un chandail tricoté de neige fraîche peinait à comprendre le pourquoi du cahier à couverture criarde que lui tendait Thomas. Scrutant tour à tour l’homme aimé et l’objet déplacé, elle mâchait à pleine pensées toutes les explications possibles. Une blague ? Une erreur ? Un message codé ? Archie nageait en plein mystère et le regard lumineux de son amant commençait à se troubler de petits nuages gris.


***


Se séparer à cause d’un cahier vert à peine plus grand qu’un livre de poche, c’était ridicule. Archie et Thomas le savaient, mais ça ne changeait rien à la fin abrupte de huit mois d’amour presque parfait. S’accusant mutuellement de mauvaise foi, gonflant les moindres détails jusqu’à les faire exploser dans un vacarme apocalyptique, le couple s’était déclaré irréconciliable. Une porte avait claqué. Archie était restée entre ses quatre murs blancs et, elle devait l’admettre, un peu froids.

Décidant de faire face courageusement, elle alluma la télé. Sur l’écran, débordement de violet pour une histoire de politique et de femmes. Conquise, Archie se rebaptisa Violette et entrepris de renouveler sa garde-robe à grands coups d’achats compulsifs.


***


L’échec de sa relation avec Thomas lui avait mis un sérieux doute : est-ce que quelque chose clochait chez elle ? Aussi malléables et changeantes que ses pensées puissent être, Violette (car Archie était partie avec Thomas, tout comme le blanc et vert), Violette donc devait admettre que ce revers venait s’ajouter à une collection déjà trop longue. Les amours morts n’étaient que la pointe actuelle de l’iceberg. Il y avait également ses études mille fois recommencées pour devenir coiffeuse, électricienne ou conductrice de bus. Ses emplois, toujours prometteurs, jamais tenus plus de douze mois, sauf un record notable pour la place de secrétaire médicale qu’elle avait tenu presque deux ans. Ses amis, qu’elle trouvait passionnants, puis lassants, et qu’elle n’appelait plus.

Violette avait cru normal jusque là que tout change, tout le temps, sans but ni raison. Juste parce que ses pensées épousaient tous les possibles, qu’elle ne mettait jamais de limite.

C’est son cœur qui avait mis le holà, faute de souplesse, face à cette énième fracture. Cet organe au mouvement perpétuel, voilà qu’il commençait à réclamer une pause. Violette le sentait palpiter d’indignation, tempêter entre ses côtes. Alors, elle lui murmura sa promesse :

- Ok, on arrête. Plus de changement, plus de zigzag. Un beau chemin bien droit, bien tracé, et un univers solide. Dès maintenant, c’est promis !

Puisque c’est en tant que Violette qu’elle avait fait sa promesse, c’est Violette qu’elle serait. Pour le prouver, elle remplit dans la foulée une demande officielle pour que ce prénom devienne le sien. Coût de la procédure et méandres administratifs n’y changeraient rien.

Quelle ne fut pas sa déconfiture quand, après des semaines de formulaires en tout genre, elle reçu son passeport flambant neuf au nom de Volette Lambard. Il manquait un i comme le nez au milieu de la figure de son prénom défiguré.

- Nein, No, Non, répondait l’administration à ses demandes de correction.

La pauvre se trouvait figée pour de bon, mais dans une forme imparfaite.


***


En reprenant le chemin du bureau, Volette, résignée, ne put s’empêcher de remarquer les craquelures du bitume qui secouaient sa bicyclette. L’air était vif, humide sûrement, car sa monture manquait d’entrain et le pédalier grinçait. Ses jambes, ce matin trop courtes, poussaient mollement sur les pédales.

En poussant la porte vitrée de son bureau, elle fut surprise par les traces de doigts qui la tapissaient. La réceptionniste lui fit un peu peur avec ses lèvres trop rouges sur son teint trop blanc. Volette se réfugia rapidement dans la petite pièce qui lui servait de bureau et se couvrit le visage des deux mains. Il était rare qu’elle connaisse des faux départs, mais là, elle en tenait un bon !

Elle qui était connue et reconnue pour sa bonne humeur à toute épreuve, ses éclats de rires et sa résilience, sentait le vent tourner. Autour d’elle et en elle, les coutures se mettaient à craquer.

- C’est la faute à ce satané i, se désolait Volette. Une lettre vous manque et c’est tout l’univers qui s’écroule !

- Tout va bien ?

Surgissant dans l’embrasure, au passage un peu délavée, de la porte, sa collègue Nathalie venait pour sa dose de ragots quotidiens. Hé bien, qu’aujourd’hui elle aille voir ailleurs avec son odeur de lavande chimique ! Volette ne se sentait pas d’humeur à parler pour la millième fois de la météo et des gamins du quartier.

- Tu viens boire un café ? insistait pourtant la cruche.

- Non, j’ai à faire, marmonna Volette, se plongeant ostensiblement derrière son écran à la lumière trop vive.

Nathalie haussa les épaules et s’en alla en claquant des talons.

Volette se dépêcha de refermer la porte et se mit à composer mentalement sa lettre de démission. Elle ne pouvait pas rester une seconde de plus dans ce lieu pourri ! Puis, elle se souvint de la promesse faite à son cœur de ne plus changer de cap à chaque coup de vent. Dans sa tête, un éclair acéré lamina la lettre à peine rédigée. Tant pis pour la moquette ancienne et la bêtise de ses collègues. Volette resterait en place.

Mais comment tenir son poste d’assistante de direction avec un nom aussi atrophié ? Que dire au patron qui connaissait la charmante Archie depuis quatre mois ? Qu’elle avait eu la lubie de troquer son nom pour celui ridicule de Volette ? Ou qu’elle s’était plantée quelque part et avait perdu son i à tout jamais ? Aucune explication ne la sauverait de la disgrâce. Et Monsieur Jacop, toujours si exigeant et sérieux, allait la renvoyer pour ne pas partager sa faute. Elle en était sûre. Est-ce qu’un changement, s’il était involontaire, compterait comme briser sa promesse ?


***


Bien entendu, à peine y avait-elle accordé une pensée que ça lui tomba dessus. Le claquement irrégulier des talons de Nathalie annonça une nouvelle apparition dans l’embrasure de la porte.

- Le patron veut te voir

Pas de sourire cette fois, elle devait encore ruminer l’affront du café refusé.

- Tout de suite, insista-t-elle avec une pointe de menace.

Volette se leva en retenant un soupir et traversa les deux couloirs qui la séparaient de Monsieur Jacop. Elle préféra ne pas se donner le temps de réfléchir avant de faire connaître sa présence. De toute façon, son patron était un homme perpétuellement contrarié alors à quoi bon tenter de l’amadouer ? Prête à se faire renvoyer séance tenante, Volette vint se placer face à l’homme qui ne leva même pas les yeux.

- Madame Lombart, une question. La procuration qui a été signée à votre nom à la poste vient de nous être retournée. Caduque. Apparemment, Archie Lombart n’existe pas. Expliquez, je vous prie.

- J’ai changé de nom.

- Vous avez changé de nom ?

- Oui.

- Quand ?

- La semaine dernière.

- Et pourquoi donc ?

Que dire ? Ses histoires de cœur n’avaient pas leur place ici. Monsieur Jacop n’était pas une oreille dans laquelle elle souhaitait s’épancher. Ou une épaule où pleurer. Bien qu’elle ait aimé dès le premier regard les épaules larges et symétriques de son patron. Il ne fallait pas compliquer plus que ce ne l’était déjà.

Lui parler de ses soucis d’inconstance alors ? Elle qui s’était fait engager grâce à un CV très lourdement maquillé n’allait pas tout déballer si facilement. Et les girouettes ? Et les pigeons ? Non, vite, il fallait des mots simples et clairs.

- Je n’aimais plus… Je n’ai jamais aimé mon prénom. Archie, ça ne ressemble à rien. Diminutif d’Archibald, au mieux… Je voulais quelque chose de plus sérieux.

- Je vous comprends…

Sa face se détendait presque. Elle aurait juré que Monsieur Jacop était sur le point de la gratifier d’un de ses très rares, et pourtant très beaux, sourires.

- Alors, à quel nom faut-il refaire la procuration ?

- Volette. Volette Lombart, Monsieur.

Elle retint son souffle. Celui de son patron fut coupé. Après un long, trop long temps mort, il demanda :

- Pardon ?

- Volette Lombart. Comme Violette, mais sans le i. Je voulais garder une certaine originalité.

C’était un désastre, jamais elle ne s’en sortirait. Comment construire quelque chose de stable sur un nom aussi bancal ? C’était comme empiler des briques sur des sables mouvants. Elle pouvait cimenter tout ce qu’elle voulait, il n’y avait aucune chance que ça tienne.

Portant déjà le deuil de sa promesse à elle-même, de son poste, de son prénom difforme, des routes agricoles qu’elle avalait à grand coups de pédales, de ses collègues finalement pas si mauvais, de Monsieur Jacop et de ses épaules séduisantes, Volette baissa la tête et attendit le coup de grâce.

Mais elle fut surprise.

- Vous avez bien raison ! s’exclama Monsieur Jacop.

Elle releva la tête, incrédule.

- Pardon ?  

- Vous avez bien raison ! Un prénom, c’est important. On devrait tous avoir l’occasion de décider, en plein conscience, de cette part de nous-même.

Volette en restait bouche-bée. Ce qui permit à l’homme de poursuivre sur sa lancée. C’était bien la première fois qu’elle l’entendait aligner plus de deux phrases. Elle n’aurait jamais soupçonné ces mots !

- Volette, c’est un peu moche, je vous le dis sincèrement. Après, c’est votre nom, pas le mien. Ici, vous êtes Madame Lombart de toute façon. Mais comme je vous comprends ! Et j’admire votre prise de décision, votre détermination. Les employés qui ont du caractère sont précieux. Je ne manquerai pas de m’en rappeler si un poste de responsable se libère.


***


L’allusion à une possible ascension professionnelle mit le feu aux poudres. Volette aurait dû être flattée, fière même, de ce témoignage d’estime d’un patron si avare de compliments. Mais elle ne ressentit qu’un grand tremblement de panique. Tremblement si réel qu’elle dut s’asseoir précipitamment pour ne pas s’écrouler. Scotchée sur le fauteuil de cuir noir, face à un Monsieur Jacop interloqué, elle hoquetait au rythme de ses secousses intérieures. Des hics et des hocs la laissant haletante et nauséeuse. Une boule âcre dans sa gorge se battait pour sortir.

- Madame Lombart, tout va bien ?

L’homme jetait des regards apeurés sur la femme en détresse. Il ne semblait pas en mener large non plus.

- Nathalie… Nathalie ! Nathalie, vite, venez !

La réceptionniste accourut, appâtée par le ton d’urgence et de désespoir, son radar à ragots fonctionnant à plein régime. La satisfaction éclaira sa face rondelette à peine prit-elle connaissance de la scène. Volette, pliée en avant sur le siège de cuir. Monsieur Jacop tentant de disparaître dans son costard et dépouillé de sa belle assurance. Nathalie hésita à immortaliser le tableau d’une rapide photo, se retint de justesse, fit trois pas en direction de Volette pour la relever… Trop tard ! Cette dernière se déplia d’un coup sec et cracha le morceau :

- Non !

Puis, vidée, dégonflée, épuisée, se ratatina au fond de son siège en tentant de reprendre son souffle. Monsieur Jacop et Nathalie s’échangeaient des regards interloqués. Ne trouvant aucune explication, ils fixèrent Volette, intensément, jusqu’à ce qu’elle veuille bien s’expliquer. Elle prit son temps, bien malgré elle, jusqu’à articuler à peu près calmement :

- Non… Merci, mais non. Les responsabilités, une équipe… très peu pour moi. Laissez-moi à ma place. Je ne veux pas d’un autre poste.

Monsieur Jacop et Nathalie froncèrent les sourcils, mais pour des raisons très différentes. Le patron, étonné de la tempête déclenchée par sa remarque bienveillante ; Nathalie, vexée d’avoir été maintenue dans l’ignorance d’un possible changement au sein de l’équipe. Devant leurs mines déconfites, Volette repris :

- J’ai déjà essayé, une fois… les responsabilités, je veux dire. Pas grand-chose, vraiment. Rien de grave. Ça ne vaut pas la peine que je vous raconte. Mais, bref, je suis bien meilleure suiveuse que meneuse. S’il vous plaît, ne me nommez pas responsable de quoi que ce soit.

- Vous assumez pourtant d’avoir changé de prénom… insinua Monsieur Jacop.

- Quoi ? s’exclama Nathalie.


***


Prise entre les regards sévères de son patron et les piaillements de sa collègue, Volette ne savait plus comment s’en sortir. Toute cette affaire virait à la farce, mais ne la faisait plus rire. D’ailleurs, en y réfléchissant bien, le point de départ de l’embrouille, ce n’était même pas elle. C’était Thomas !

C’est lui qui avait fait une fixette sur la couleur verte. Lui qui avait produit l’objet de leur dispute, puis de leur rupture. Amenant ces idées ridicules de stabilité, le choix d’un prénom qu’il avait fallu officialiser et l’évaporation malencontreuse d’une lettre aussi insignifiante qu’importante. Il l’avait bien mise dans la panade le beau Thomas avec son air innocent !

- Ha, le salaud ! s’exclama Volette.

- Qui ? rebondit immédiatement Nathalie.

- Je ne vous permets pas… s’emporta Monsieur Jacop.

- Je ne vous ai pas sonnés ! leur asséna Volette, leur fermant efficacement le caquet. Laissez-moi passer, j’ai un truc à régler !

Elle les planta séance tenante, sans plus de considération, mais avec une idée solide et claire : rendre à Thomas la monnaie de sa pièce. Qu’il ne soit pas dit qu’une rupture mal digérée ait cloué Volette au sol ! Claquant la porte vitrée tapissée de traces de doigts, Volette prit son envol et fila à toutes pédales régler ses comptes.


***


Volette arriva rouge et échevelée au pied de l’immeuble où se terrait sa future proie. Thomas serait chez lui. Thomas était toujours chez lui. Il y travaillait. Il y mangeait. Il y dormait. En huit mois de relation, il avait dormi chez elle trois fois, à contre-cœur, se plaignant du matelas et du désordre de la cuisine. Après d’interminables négociations, ils étaient sortis manger deux fois à la pizzeria du coin, avant d’abandonner face aux pinailleries incessantes de l’homme.

Thomas cuisinait, très bien d’ailleurs, et invitait Volette qui finissait par passer la nuit. À elle de trimbaler sans cesse des sous-vêtements de rechange et une brosse à dents dans le sac. À elle de faire les aller-retour et de n’avoir rien à dire sur le menu. De la souplesse, en veux-tu, en voilà. Et cet idiot qui avait le culot de lui demander de se stabiliser !

Elle ruminait, se chauffait, se préparait à la dispute du siècle en montant les trois étages familiers.

Deuxième porte à droite, un coup de sonnette vigoureux, le bruit des pas qui approchent… Et un silence lourd derrière la porte.

- Thomas, ouvre, je sais que tu es là ! Il faut qu’on parle !

- J’ai pas le temps ! prétexta l’habitant calfeutré.

- Ouvre, non d’une pipe, sinon j’ameute tous les voisins !

Elle savait Thomas soucieux de ses relations de pallier. Un bruit de poignée. La porte s’entrouvre.

- Qu’est-ce que tu veux Archie ?

- Volette.

- Hein ?

- C’est Volette maintenant. Et garde tes commentaires, on a largement d’autres choses à discuter.

- Comme… ?

- Comme pourquoi est-ce qu’on s’est brouillés comme des débiles pour un cahier vert ?

- Je croyais que l’affaire était close…

- Loin de là !

- Pourtant, la dernière fois qu’on s’est vus, tu as hurlé que tu ne voulais plus jamais en entendre parler.

- Hé bien, j’ai changé d’avis !

- Bien tiens…

- Ça te surprend ?

- Non, en effet.

- Alors, tu me laisses entrer ?

Thomas soupira, mais s’effaça pour laisser passer Volette. Elle se dirigea sans hésitation vers le salon, notant au passage l’ordre impeccable de l’appartement. Comme dans son souvenir, les livres classés, alignés, époussetés. Les coussins ordonnés sur le canapé et le fauteuil à l’angle droit. Ça lui avait manqué cette droiture, cette stabilité. Et Thomas, tout coincé dans son jean parfaitement repassé. Comment résister à l’envie de mettre un peu de vie dans tout ça ? De le culbuter là, contre la bibliothèque, jusqu’à en faire s’écrouler les volumes si terriblement sages ?

- Alors, je t’écoute, lâcha l’homme sur la défensive.

Volette hésita. Elle avait oublié sa fureur. Ses pensées prenaient un tour inattendu et son cœur, loin de les rappeler à l’ordre, soufflait sur des braises encore bien ardentes. Alors, elle lâcha le plus innocemment du monde :

- Figure-toi que tu avais raison, le vert, c’est bien ma couleur préférée…

 

 

 

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